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ARISTIDE COLOTTE (1885-1959)

Aristide Colotte est né à Baccarat le 31 août 1885, lorsque l’activité économique de la ville est tout entière centrée autour de l’industrie du cristal. Son père, Jean-Michel, exerçait à l’époque la profession de verrier, et son oncle paternel, Jules Colotte, faisait de même. Ainsi, Aristide Colotte devait devenir « sculpteur sur verre », toute sa vie durant. En 1901, il prend le chemin de l’usine comme apprenti tailleur. Un an plus tard, il devint apprenti graveur et fut définitivement engagé en 1902. Son service militaire accompli, il revint travailler aux Cristalleries, où l’on se préparait activement en vue de l’Exposition internationale de l’Est de la France. Puis, sans connaître les raisons, il quitta l’usine de son plein gré en 1909. Lorsqu’il visita l’exposition, il fit une rencontre décisive sur le stand de Baccarat : celle d’Eugène Corbin, mécène de l’Ecole de Nancy, qui remarquera la personnalité et le talent de Colotte. Il lui offrit donc l'opportunité de créer un atelier de gravure sur cristal et sur métaux dans son établissement.

Pendant la Première Guerre mondiale, ses activités sont interrompues et il est affecté à la manufacture d’armes de Châtellerault. Il approfondit son expérience et perfectionne ses connaissances antérieures de graveur et d’orfèvre. De retour à Nancy, il monte un atelier de gravure sur verres et métaux. En 1924, il déménage dans un local plus vaste, ce qui va donner une nouvelle impulsion à son œuvre. C’est alors à l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs Industriels et Modernes de 1925 qu’il présente des travaux de bijouterie, récompensés par une médaille de bronze. Sa maturité se fait sentir, les commandes surviennent.

Dès 1926, il expose ses oeuvre, c’est une consécration, notamment parce qu’il présente ses premiers cristaux taillés, dont les formes géométriques s’inscriront dans l’ensemble de son œuvre. En 1928, il innove lorsqu’il prend l’initiative d’utiliser le cristal en blocs bruts, à l’instar des blocs de marbre ou de pierre. Il déposa à ce sujet un brevet d’invention. 

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il soutient le Maréchal Pétain et lui fabrique une épée de cristal, ce qui engendre quelques inimitiés et le contraint de fuir en Allemagne. Revenant à Nancy en 1945, il est incarcéré en attendant son procès. Condamné à quatre ans d’emprisonnement, il sort finalement en 1947. Mais le Comité national d’Epuration des Artistes l’interdit d’exposer et de vendre pendant deux ans. Affaibli, il s’installe alors dans un petit village de Seine-et-Marne où il va pourtant essayer de subsister. Vers 1950, il installe un petit atelier et ouvre un magasin au 27, rue du Louvre à Paris. En 1953, il réintègre la Société des Artistes français et expose au Salon de 1957. Mais déjà gravement malade, il meurt le 2 septembre 1959 d’une leucémie.