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RENÉ LALIQUE (1860-1945)

Aÿ (Marne) 1860 - 1945

On ne sait rien de précis sur sa formation. Avant 1892, il est dessinateur chez un bijoutier rue de la Paix pour lequel il fait anonymement des modèles. Vers 1892 il se libère, s'installe rue Thérèse et réalise des bijoux sous son nom. Il se révèle, encore assez modestement, au Salon des Artistes Français de 1895. Il prend dès lors part aux salons annuels, triomphe à l'Exposition Universelle de 1900, et sera invité en Russie, en Angleterre et aux Etats-Unis. En 1904, il fait édifier sa maison du Cours-La-Reine dont il est le seul architecte : le verre, avec les deux grandes portes, extérieure et intérieure et les lustres aux serpents, intervient dans son œuvre. À la même époque, Coty lui demande des étiquettes pour ses parfums : de la conception de l'étiquette jusqu'à celle du flacon, il n'y a qu'un pas et Lalique étudie, sans abandonner encore le bijou, ce nouveau problème.

Il monte une usine à Combs-la-Ville où jusqu'en 1914, il travaille pour Coty, mais réalise aussi quelques pièces uniques. Pendant la guerre il fabrique de la verrerie de laboratoire pour l'Institut Pasteur. En 1918-1919, il construit une nouvelle et très moderne usine en Alsace, à Wingen, que son fils Marc dirigera à partir de 1921. Dès lors Lalique n'est plus qu'un maître verrier et il introduit le verre dans l'architecture : Salle à manger du Paris (1920) ; Fontaine et Pavillon de Sèvres (1925) ; Maître autel du Couvent de la Délivrance à Caen (1930) ; Fontaine des Champs-Elysées (1932) ; Maître-autel, vitraux et grille de choeur de l'Eglise Saint-Hélier à Jersey (1933) ; Salle à manger du Normandie (1936) ; Service et surtout du Roi d'Angleterre (1938), etc.

En 1930, il avait participé à l'organisation d'une exposition rétrospective de son oeuvre au Pavillon de Marsan. René Lalique, grand officier de la Légion d'honneur, meurt à Paris le 1er mai 1945. Il était un homme modeste, secret, son oeuvre seul et ses retentissements nous renseignent sur le cours de ses activités. Nul doute qu'il eût acquis une grande culture, une connaissance des arts de tous les pays et de tous les temps, mais dont le souvenir matériel, jamais, n'apparaît dans ses conceptions aussi personnelles qu'audacieuses. Il fut, peut-être inconsciemment, influencé par la littérature et l'art de son époque. Ses bijoux, en complète rupture avec une production sans goût et routinière, reflètent, aussi évidemment que certaines toiles de Maurice Denis, de Bonnard ou de Gauguin, les influences successives des poètes symbolistes et de l'art du Japon. Fervent observateur de la nature, il introduit, plantes, oiseaux, poissons, d'abord dans ses bijoux, ensuite dans le verre mais, épris de compositions savantes et harmonieuses, il échappa au naturalisme de l'Ecole de Nancy. En réalité Lalique fut, par ses goûts, son intelligence et ses dons, surtout attiré par la Renaissance Italienne. Curieux de toutes les techniques, il fut à la fois dessinateur, peintre, sculpteur, orfèvre et émailleur.

Verrier, il s'apparente bien plus à l'universalité d'un Benvenuto Cellini qu'aux spécialistes de son temps. Il fut cependant à d'autres égards dans l'actualité un précurseur en n'hésitant pas, après avoir conçu et réalisé dans les deux domaines du bijou et du verre, des pièces uniques et de grand prix, à donner des modèles d'objets d'usage courant exécutables en série. Pour arriver à ces résultats, d'un intérêt à la fois artistique et social, il s'ingénia à susciter des procédés qui renouvelèrent et enrichirent la technique traditionnelle du verre.