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JEAN SOUVERBIE (1891-1981)

Jean Souverbie, né en 1891 à Boulogne-Billancourt, est issu d’une famille aisée. De constitution fragile, il reçoit son éducation à domicile de la part de son père et de ses soeurs, puis d’une répétitrice. Dessinant sans relâche, le jeune Jean montre des prédispositions précoces pour le dessin qui sont encouragées par son père. Ce dernier lui met un pinceau entre les mains dès sa dixième année et pousse son fils à développer sa culture – notamment par le biais de la lecture – et son attirance naturelle pour les arts – outre la peinture, Jean Souverbie se montrera féru de théâtre, ses parents l’emmenant une fois l’an au Châtelet. 
A partir de 1908, la famille Souverbie partage son temps entre la banlieue parisienne et le Sud de la France ; la découverte d’une lumière chaude et des couleurs vives de la Méditerranée aura un impact sur le jeune artiste en germe ; aussi, il développe un intérêt jamais démenti pour les grandes civilisations antiques y ayant prospéré – Grèce, Rome – auxquelles il empruntera de nombreux sujets dans sa peinture, qu’ils soient mythologiques, historiques ou religieux. A la même période, l’installation des Souverbie à Saint-Germain-en-Laye permet à Jean de croiser le chemin de Maurice Denis, avec qui il se lie d’amitié, tandis qu’en 1911, il intègre l’atelier de Jean-Paul Laurens à l’Académie Julian. A partir de 1916, Jean Souverbie fréquente l’Académie Ranson où les anciens Nabis Vallotton, Vuillard, Bonnard ou encore Sérusier enseignent régulièrement ; leur leçon, passant par une libération de la palette et de la forme, marque durablement le jeune artiste et sa manière qui s’enhardit. 

Dans les années 1920, Souverbie se tourne bientôt vers le cubisme après avoir découvert l’oeuvre de Braque, mais le tournant décisif se fait en 1925 lorsqu’il expose avec la Section d’or à la galerie Vavin-Raspail ; il rencontre, à cette occasion, Charles Gleizes, André Lhote et Pablo Picasso à qui il vouera une admiration sans borne. Le maître, devenu ami, influence profondément la conception artistique de Souverbie. Les nus, surtout, se dotent de formes géométriques et leurs corps sculpturaux semblent des échos aux icônes cubistes de l’Espagnol. 

Les années 1930 sont synonymes d’accession à la gloire et à la renommée ; Souverbie se tourne vers la réalisation d’oeuvre monumentales qui lui valent une reconnaissance internationale et l’afflux de nombreuses commandes. En 1937, il fait partie des artistes choisis pour participer à la décoration du Palais de Chaillot, construit pour l’Exposition universelle afin de remplacer le Palais du Trocadéro qui se tenait sur la colline depuis 1878. Dans la seconde moitié des années 1940, il est pressenti pour participer à la décoration de huit paquebots parmi lesquels L’Ile-de-France, le Liberté ou encore le Laos, collaborant par-là même avec quelques-uns des plus grands ensembliers-décorateurs de ce temps – à l’instar de la maison Leleu. En 1946, Souverbie est nommé à l’Académie des Beaux-Arts, tandis que la consécration intervient en 1948, lorsque l’Ecole Nationale des Beaux-Arts décide d’ouvrir un atelier de peinture monumentale spécialement pour Souverbie, alors nommé professeur émérite. Il enseigne plus de dix-sept ans dans cette illustre institution et aura comme élèves son fils Romain Souverbie, lui aussi peintre, mais également Jean Le Merdy, Philippe Lejeune, Jean-Pierre Cassigneul, etc. 

Grâce à un parcours exemplaire et à une personnalité hors du commun, Souverbie fait partie de ces rares artistes qui furent considérés de leur vivant comme figures tutélaires de l’art du XXème siècle.